Médicaments pour enfants

Maux bénins des enfants : attention aux médicaments

Le dossier du numéro de mars de l’association UFC-Que choisir, actuellement en kiosque, fait le tri dans les armoires à pharmacie en publiant une liste détaillée et argumentée de ces médicaments qui, à défaut de faire du bien, peuvent faire du mal. Outre le recensement exhaustif des médicaments à proscrire ou les conditions d’utilisation à suivre, il prodigue également des conseils pour aider à soulager les maux bénins du quotidien et fournit des repères afin de mesurer le moment où l’enfant doit consulter un médecin. Autant d’indications utiles aux assistantes maternelles qui pourront accompagner les tout-petits et leur famille dans la gestion des pathologies et virus hivernaux qui sévissent encore actuellement.

La toux

La toux – réflexe naturel pour dégager les voies respiratoires – se traite en désobstruant le nez plusieurs fois par jour. Les médicaments sont « rarement utiles » ou « à éviter » selon Que Choisir. Il vaut mieux traiter la cause (asthme, allergie respiratoire, bronchiolite, laryngite, bronchite, pneumonie…) que les symptômes. En effet, certains médicaments existent, mais sont de faible efficacité et peuvent entraîner, chez les plus jeunes enfants, un risque d’effets secondaires graves.

Une toux associée à de la fièvre, avant trois mois, doit conduire à consulter un médecin. La même démarche est à suivre chez un enfant plus grand si s’ajoutent à la toux des difficultés respiratoires, une fièvre mal tolérée ou qui dure plus de trois jours.
► Le miel mélangé à du yaourt peut calmer la toux (pour les enfants de plus d’un an).
► Pour empêcher les sécrétions nasales de couler dans la gorge, vous pouvez élever la tête du lit de l’enfant.
► Aérez bien le domicile tous les jours ; n’exposez pas les enfants au tabac et maintenez une température à 19 °C.

Le nez bouché

Le rhume est une infection hivernale courante et bénigne, qui touche les bébés à partir de six mois. Il faut veiller à ne jamais donner de vasoconstricteur, parfois prescrits par les médecins. Seuls les traitements permettant de nettoyer le nez sont utiles et recommandés (sérum physiologique ou d’eau de mer en dosette ou en spray). Chez le nourrisson, on peut avoir recours au mouche-bébé si on prend soin de ne pas blesser le bébé et de nettoyer l’embout à l’eau savonneuse.
Les huiles essentielles sont à éviter. Leur efficacité n’a pas été prouvée. Elles peuvent provoquer des convulsions chez les enfants épileptiques en raison des terpènes (camphre, eucalyptus…) qu’elles peuvent contenir.

Il faut consulter un médecin si le bébé a moins de cinq-six mois, et chez un enfant plus grand après cinq jours de rhume ou si son état général est atteint.
► Comme pour la toux, on peut relever la tête du matelas.
► Voir aussi la fiche technique parue dans L’assmat, « Moucher un bébé », n° 154, décembre 2016-janvier 2017, p. 13.

La fièvre

La fièvre, si elle est bien supportée chez l’enfant, ne doit pas forcément être combattue. Elle est le signe que l’organisme se défend contre une infection, le plus souvent virale. Il faut s’inquiéter dans les trois premiers mois de l’enfant, si l’enfant change de comportement, ou si des taches violacées apparaissent sur la peau. Seul le paracétamol est utile, dès la naissance. L’ibuprofène est à éviter, avant trois mois, et sans avis médical.

Il convient de consulter un médecin si la fièvre persiste au-delà de 48-72 heures et si l’enfant change de comportement.
► Voir aussi les fiches techniques parues dans L’assmat, « Faut-il combattre la fièvre du bébé », n° 143, novembre 2015, p. 13 ; « Les convulsions », n° 134, décembre 2014-janvier 2015, p. 13.

Les douleurs

Les douleurs peuvent intervenir en cas de douleurs de la gorge, des oreilles ou du ventre, de maux de tête, de brûlures, de traumatismes et lors de poussées dentaires.
En dehors des médicaments (paracétamol et ibuprophène sur avis médical), en cas de coup ou de traumatisme, appliquez un poche de glace (ou un sachet de petits poids surgelés enveloppés dans une serviette) sur la partie du corps douloureuse.

La diarrhée aiguë

Le rotavirus est un virus responsable de gastro-entérites aiguës, qui atteint en particulier les nourrissons et les enfants de moins de cinq ans. La diarrhée évolue de manière spontanée en une semaine, mais elle doit être surveillée chez le nourrisson, vu le risque de déshydratation encouru : agitation ou état léthargique, augmentation de la soif, yeux cernés, muqueuse sèches, diminution des larmes ou des urines.

Seules les solutions de réhydratation orales (SRO) sont utiles et conseillées. Il est recommandé d’en avoir toujours chez soi afin de pouvoir intervenir rapidement. Il faut donner la SRO en petites quantités (10 à 30 ml), au biberon ou à la petite cuillère (en cas de vomissements) tout en poursuivant l’allaitement ou le lait habituel.

Il faut consulter sans tarder en cas de forte fièvre, de vomissements persistants, d’une diarrhée de plus d’une semaine, de sang dans les selles, ou d’une perte de poids de plus de 5 %.
► Voir aussi la fiche technique parue dans L’assmat, « Traiter la diarrhée du bébé », n° 155, février 2017, p. 13.

Le reflux gastro-oesophagien

Près d’un tiers des nourrissons de moins d’un an régurgitent, sans qu’il s’agisse d’un reflux gastro-oesophagien (SGO).
Si les régurgitations ne retentissent pas sur la croissance du bébé, aucun traitement médicamenteux n’est nécessaire. L’épaississement du bol alimentaire ou le fractionnement des repas suffisent. Elles disparaissent d’elles-mêmes au moment de la marche, vers 12-18 mois.