Enfants placés : les sacrifiés de la république

Protection de l’enfance : les professionnels défendent leur engagement

Oui à la volonté d’ouvrir le débat sur la protection de l’enfance, non à l’angle uniquement négatif porté sur le secteur : voilà en résumé les réactions qui ont suivi la diffusion de ce documentaire, s’intéressant exclusivement à toutes les faiblesses, et donc aux maltraitances avérées et potentielles, exercées sur les enfants placés.

Il montre notamment le quotidien d’une assistante familiale en focalisant sur la maigreur de sa formation au regard de sa responsabilité. « Le spectateur a-t-il compris les capacités qu’interrogent cette profession ? A-t-il perçu le savoir-faire de cette femme même si elle n’a pas eu le temps ou l’opportunité de le faire savoir ? » interroge l’Ufnafaam dans une tribune. Le documentaire pointe également une absence de contrôle et de sanction des assistants familiaux… alors que parallèlement la profession se bat pour la présomption d’innocence qu’elle estime trop souvent bafouée.

L’Ufnafaam juge donc qu’il aurait été important de mieux comprendre en quoi consiste réellement la mission des assistants familiaux « d’autant plus qu’il n’y a presque plus de familles d’accueil et que l’on donne 10 ans d’espérance de vie à la profession du fait de l’absence de recrutements durables ».

« Objectivement le procès était à charge, écrit l’ancien juge des enfants Jean-Pierre Rosenczveig sur son blog. Résultat une grande partie des spectateurs non informés jetteront le bébé ASE et l’eau du bain. Et les professionnels vont s’écharper entre ceux qui dénonceront cette vision caricaturale de la protection de l’enfance et ceux qui diront une nouvelle fois que c’était nécessaire : foin des excès quand la cause est bonne ».

L’Association nationale des directeurs d’action sociale et de santé (ANDASS) regrette une « communication à sensation ». « Il ne s’agit pas de dire que les situations difficiles et les violences institutionnelles n’existent pas à l’ASE, mais l’absence totale de nuances, les amalgames erronés, renvoient à l’ensemble des professionnels investis et à des milliers de familles une image qui nous paraît bien mal servir l’intérêt de cette politique publique et donc des enfants et des jeunes accueillis » poursuit l’association.

L’Uniopss estime aussi que si les « terribles dysfonctionnements » pointés par le documentaire doivent être dénoncés, « ils ne doivent néanmoins pas être généralisés à l’ensemble de la protection de l’enfance diont les acteurs s’investissent et s’engagent avec conviction et éthique au service des enfants ».

Tous ces acteurs soulignent enfin la nécessité d’une politique ambitieuse pour la protection de l’enfance, et restent dans l’attente de la présentation d’une stratégie par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.

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