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Chute de la natalité, impact sur les modes d’accueil

Chute de la natalité, impact sur les modes d’accueil
Publié le 16/01/2024
Laetitia Delhon
Journaliste spécialisée dans le travail social et médico-social, la petite enfance et le handicap
Avec 48 000 naissances en moins en 2023 par rapport à 2022, la pression baisse sur le secteur de l’accueil individuel et collectif, en proie au vieillissement et à la pénurie de professionnels.

De record en record : en 2023, 678 000 enfants sont nés en France, soit 48 000 de moins qu’en 2022 (-6,6%) selon le bilan démographique publié aujourd’hui par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Une baisse continue depuis 2011, qui atteint là un niveau particulièrement marqué alors que la chute du nombre de naissances était de 16000 en 2022 par rapport à 2021 (soit -2,2%). En 2023, le nombre de naissances est inférieur d’environ 20 % à celui de 2010. 

En 2010 encore, le nombre moyen d’enfants par femme s’élevait à 2,03 pour s’établir aujourd’hui à 1,68. Cet indicateur n’a jamais été aussi bas depuis la seconde guerre mondiale (hormis en 1993 et 1994).

Taux de couverture en hausse

Difficile de connaître précisément l’impact de cette baisse considérable du nombre de naissances sur les modes d’accueil, dès 2023. Le rapport annuel de l’Observatoire national de la petite enfance (Onape) publié en décembre 2023 montrait une légère hausse du taux de couverture en 2021 par rapport à 2020 (59,4 % contre 58 %), en raison de la baisse de la natalité.

Il montrait également un recul de 5 % du nombre d’enfants recourant à au moins un mode d’accueil formel entre 2021 et 2019 et indiquait qu’au 1er janvier 2023, la France comptait 2,1 millions d’enfants âgés de moins de 3 ans, soit une baisse de 360 000 (-15%) depuis 2011.
 

Politique familiale

Dans un communiqué diffusé dès le 11 janvier, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) estime que le désir d’enfants est actuellement entravé par un ensemble de conditions matérielles : « budget, conciliation vie familiale – vie professionnelle, logement ». La fédération en appelle au gouvernement : « il n’y a pas de fatalité : le rebond démographique à partir de 1995, à la suite d’une « loi famille » ambitieuse, est la preuve qu’une politique familiale universelle articulant des mesures favorables au niveau de vie et à la conciliation vie familiale-vie professionnelle constitue une solution efficace ».