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Assistants familiaux : la FNAF-PE se mobilise pour améliorer leur statut

Assistants familiaux : la FNAF-PE se mobilise pour améliorer leur statut
Publié le 23/02/2024
Laetitia Delhon
Journaliste spécialisée dans le travail social et médico-social, la petite enfance et le handicap
Un courrier et un rapport alertant sur les conditions de travail des professionnels ont été adressés au gouvernement, aux parlementaires et aux conseils départementaux.

« Aujourd’hui nous ne pouvons plus nous taire, nous ne pouvons plus rester aveugles et sourds face au naufrage que nous vivons » écrit dans son rapport – pas encore public - la Fédération nationale des assistants familiaux et de la protection de l’enfance (FNAF-PE).

« Naufrage orchestré du service public qui n'a pas vocation à être rentable, baisse budgétaire dans le secteur associatif, naufrage subit par l'ensemble des professionnels qui croulent sous la charge de travail avec toujours moins de moyens mais une augmentation criante de la misère, naufrage pour les familles, les enfants, les jeunes majeurs de l'Ase, les mineurs non accompagnés et plus largement pour toutes les personnes qui sont en difficultés et qui ne produisent pas » poursuit la fédération.

Nombreux manquements

Dans un courrier et un rapport envoyés à partir du deuxième semestre 2023 à l’ensemble des députés et sénateurs, aux élus des conseils départementaux, puis au premier ministre Gabriel Attal, au garde des sceaux Eric Dupond-Moretti et à l’épouse du président de la République Brigitte Macron, la fédération dresse une série de constats sur la profession, accompagnés de propositions

Le rapport pointe le statut toujours précaire de l’assistant familial au sein du travail social, la faiblesse du niveau du Diplôme d’État d’assistant familial (DEAF), les charges financières liées au logement, le manque de soutien professionnel, l’absence de versement des 80 % de salaire d’attente même quand ils sont justifiés, et toujours l’absence de participation au projet pour l’enfant dans la majorité des situations.

La FNAF-PE revendique une augmentation de l’indemnité d’entretien et de la rémunération, l’effectivité des deux jours de repos consécutifs non décomptés des congés payés, un décompte des congés payés en jours et non en nuits, et la garantie de protection des assistants familiaux en cas de  suspension d’agrément.
 

Une question de choix

« Nous avons de  nombreux rendez-vous avec des députés et sénateurs, nous nous rendons compte que la protection de l’enfance reste très mal connue par beaucoup d’entre eux », décrit Sonia Mazel-Bourdois, présidente de la FNAF-PE.

Après un rendez-vous raté en janvier avec l’ancienne secrétaire d’État Charlotte Caubel, non reconduite au gouvernement, la fédération a adressé une demande de rendez-vous à Sarah El Haïry, ministre déléguée à l’enfance et aux familles.

« Il faut se poser les bonnes questions : quand nous demandons la revalorisation de l’indemnité d’entretien à de 2 heures de smic brut  par jour et par enfant, partout sur le territoire, il nous semble que c’est un minimum alors que nous sommes le mode d’accueil le moins coûteux pour l’État : poursuit-elle. Mais c’est un minimum essentiel pour continuer à exercer. L’État veut-il soutenir les assistants familiaux ? C’est en prenant de telles mesures qu’il le fera ».