bébé et assistant familial

La protection de l’enfance pour les moins de six ans : bonnes pratiques et préconisations

Les enfants de moins de six confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) représentent plus de 14% de la totalité des enfants et jeunes majeurs placés, soit près de 20 500 enfants (2015, DREES). Si le taux de prise en charge par les assistants familiaux s’établit à 51,6 % pour l’ensemble des enfants, il est encore plus élevé pour ceux âgés de moins de six ans, passant à 69,7 %, dont 64 % pour les enfants de moins de deux ans et 73,4 % pour les trois à six ans.

Comment s’articulent les connaissances sur le développement des jeunes enfants, leurs besoins spécifiques et les pratiques ? L’étude, qui « part de l’hypothèse que la pertinence et la qualité de prise en charge des tout-petits en protection de l’enfance sont des enjeux forts pour la suite de leur parcours », rappelle l’existence des approches développementales, des théories des liens interpersonnels, des apports des neurosciences et de la compréhension des signes de souffrance des jeunes enfants.

Les auteurs ont analysé 27 schémas départementaux de protection de l’enfance et visité plusieurs dispositifs : pouponnières, accueils de jour, services d’accueil familial. Parmi ces derniers, des bonnes pratiques ont été identifiées, comme les visites à domicile très soutenues des référentes-enfant chez les assistantes familiales du service d’accueil familial thérapeutique de Poitiers. Ici, « il s’agit que l’assistant familial puisse adapter au mieux ses soins en fonction des signaux émis par le bébé ». L’importance des liens de confiance au sein du binôme référent-assistant familial est aussi soutenue par l’unité d’accueil familial de l’association Jean Cotxet à Paris.

A l’inverse, l’isolement des familles d’accueil, trop peu entourées et soutenues, « constitue un risque pouvant entraîner un découragement face aux réactions du bébé ainsi que des mécanismes de répétition des négligences, violence ou abandons antérieurement vécus par les jeunes enfants, et de nouvelles ruptures de prise en charge précoces pourtant à éviter ».

Accueillir un tout jeune enfant, c’est répondre à ses besoins fondamentaux, physiques et psychiques, mais aussi de préparer son avenir : cette « très haute responsabilité » impose selon le document de « penser petit », c’est-à-dire « se mettre à la place des jeunes enfants placés pour tenter de percevoir ce qu’ils ressentent ». Pour y parvenir, quinze préconisations sont émises, parmi lesquelles :

  • articuler l’accueil familial et l’accueil institutionnel autour des besoins des enfants.
  • évaluer la qualité d’accueil de l’enfant.
  • garantir des formations relatives à l’accompagnement des enfants et intégrant une réflexivité sur les pratiques.
  • former les personnels d’encadrement au soutien des professionnels.

Le document préconise également de mieux connaître grâce à des études de parcours la stabilité des prises en charge et de développer les outils permettant de recenser les places d’accueil dédiées pour ces enfants.

Penser petit, Des politiques et des pratiques au service des enfants de moins de six ans confiés, Rapport, ONPE, mars 2019