Lettre ouverte assistantes familiales

Assistantes familiales : une lettre anonyme qui fait parler d’elle

« Je suis cette professionnelle qui travaille 7/7 jours, 24/24 heures, sans repos hebdomadaire, et qui ne peut que rarement utiliser ses 35 jours de congés dans l’année, faute de remplacement » indique cette lettre ouverte anonyme envoyée à plusieurs élus et présidents de Conseils départementaux ces dernières semaines.

« Je suis cette professionnelle en danger, qui crève parce que je ne suis « RIEN » pour mon employeur, juste le petit maillon manipulable et corvéable à merci » poursuit le courrier. Soutenu par plusieurs syndicats, il vise à dénoncer la précarisation du statut des assistantes familiales, leurs conditions de travail et l’absence de présomption d’innocence.

« Cette lettre a été écrite au départ par une collègue du département des Landes, indique Mme Corinne Aumaitre, assistante familiale et membre du syndicat Inter 87-FSU du Conseil départemental de la Haute-Vienne. Comme d’autres collègues de la Gironde, des Landes, de la Marne, des Pyrénées Orientales, nous avons en Haute-Vienne souhaité nous joindre à cette action, mais sous couvert syndical, pour montrer notre ras-le-bol. Nous avons certes un statut, mais il est précaire, et nous souhaitons réellement bénéficier de la présomption d’innocence avec maintien de salaire (ndlr : lors de procédures lancées après des accusations de maltraitances et entraînant un retrait ou une suspension de l’agrément) ».

Répercussions dans l’Aisne

Dans un courrier daté du 23 mars, le syndicat Inter 87-FSU invite les assistantes familiales de leur département à envoyer cette lettre au Président de la République, aux députés de la Haute-Vienne et au Président du Conseil départemental. Dans l’Aisne, plusieurs assistantes familiales ont adressé cette lettre type, de façon anonyme, au Conseil départemental.

Dans l’édition du 25 mars 2018 du quotidien l’Aisne nouvelle, Mme Isabelle Létrillart, vice-présidente en charge des Affaires sociales au Conseil départemental se dit « franchement choquée par cette lettre ». Elle admet la difficulté du métier mais ajoute qu’il existe « un service d’accueil, de formation et d’accompagnement qui leur est complètement dédié avec une permanence 24 heures sur 24 et sept jours sur sept ».

Entre désaveu et soutien

Mme Martine Orlak, présidente de l’UFNAFAAM et de l’Association départementale des assistantes maternelles et des assistantes familiales de l’Aisne, regrette cette démarche. « Cette lettre est déplacée et ne reflète pas du tout ce qu’il se passe dans le département, avec qui mon association travaille très bien depuis de nombreuses années. Nous sommes conviées à toutes les réunions qui nous concernent. C’est vrai qu’il y a énormément de souffrance chez les professionnelles, même du côté des travailleurs sociaux qui ne sont pas assez nombreux pour leur apporter un soutien. Mais ce n’est pas de cette façon que nous réussirons à avancer ».

De son côté, le Syndicat professionnel des assistants familiaux SAF Solidaires soutient cette démarche. « Nous regrettons que cette lettre ne soit pas signée, mais ce qu’elle contient est exact quelque soit le département, déclare Sabine Carme, porte-parole. Les assistantes familiales sont au bout du rouleau, c’est une réalité et ce n’est pas un hasard s’il y a une pénurie de professionnelles sur le territoire national ».