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Associations et syndicats : front uni pour demander une baisse du reste-à-charge

Associations et syndicats : front uni pour demander une baisse du reste-à-charge
Publié le 11/10/2021
Laetitia Delhon
Journaliste spécialisée dans le travail social et médico-social, la petite enfance et le handicap
Les principales organisations représentatives des assistantes maternelles demandent au secrétaire d’État Adrien Taquet de réformer le Complément de mode garde pour soutenir l’accueil individuel.

« Aider les familles les plus précaires, faciliter le retour à l’emploi des mères, avoir pour ambition de concilier la vie professionnelle et salariale des parents ou solutionner les places en horaires atypiques, cela ne peut passer sans une réforme ambitieuse du reste à charge du premier mode d’accueil en France » : voilà le plaidoyer de l’Ufnafaam, l’Anramam, le Spamaf et l’Unsa Pro Assmat dans une lettre adressée aujourd’hui au secrétaire d’État à l’enfance et aux familles Adrien Taquet.

Ces organisations réagissent à l’absence de refonte du Complément de mode garde (Cmg) dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2022 (PLFSS), pour faire baisser le reste-à- charge des familles qui emploient une assistante maternelle. Les écarts de reste-à-charge entre les modes d’accueil, ainsi que leur leur impact sur l’accueil individuel, ne sont plus à démontrer, étayés dans plusieurs études depuis 2017. Adrien Taquet avait par ailleurs laissé entendre ces derniers mois qu’il travaillait sur le sujet en vue d’une refonte.

Différence de traitement

Les organisations réagissent aussi après la Conférence des familles, qui a donné lieu la semaine dernière à des remises de rapports montrant la nécessité de s’appuyer sur tous les modes d’accueil pour répondre aux besoins des familles.

Or l’accueil individuel « reste moins bien traité que les structures collectives qui bénéficient d’une contribution financière publique liée aux coûts de fonctionnement des établissements ainsi qu’à ceux à l’investissement qui dépasse largement l’aide liée au CMG, aux charges et à l’abattement fiscal » écrivent les organisations.

En conséquence, et parce que les assistantes maternelles manquent d’accompagnement, elles quittent la profession de manière continue depuis 2014.

« Il reste difficile de comprendre et d’accepter une telle situation quand on sait également que la Cour des comptes a rappelé cette année que les dépenses publiques engagées pendant la crise sanitaire ont entraîné une baisse de 7,4% du coût du CMG » précisent-elles.
 

Idéologie ?

« Que se passe-t-il pour que nous ne soyons jamais entendus ? Sommes-nous face à une idéologie qui serait en défaveur du profil que sont les assistantes maternelles ? D’un rejet de l’accueil individuel lorsque les élus et les politiques parlent surtout des crèches alors que les assistantes maternelles, par leur grande flexibilité, solutionnent les problématiques d’accueil en France ? » interrogent-elles.

Lors de son audition à l’Assemblée nationale mercredi 20 octobre par la Commission des affaires sociales dans le cadre du PLFSS, l’Ufnafaam va tenter de plaider cette cause. « Députés et sénateurs ont la possibilité de rédiger des amendements pour demander la réforme du CMG, nous ferons appel à eux » souligne Sandra Onyszko, porte-parole.